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TRANSITION ET REFORMES DU SECTEUR MINIER AU MALI: DES ACTEURS PRÉCONISENT DES SOLUTIONS IMPORTANTES !

“Transition et reformes : qu’en est-il du secteur minier ?”, tel était le thème de l’émission “Débat Politique” sur Africable télévision avant-hier mardi 1er septembre 2020. Pour mieux édifier les Maliens sur les tenants et les aboutissants des reformes du secteur minier au Mali, des experts invités étaient Pr. Abdoulaye NIANG, économiste et Directeur Exécutif du Centre Senè d’études Stratégiques sur le co-entrepreneuriat, Mahamadou SAMAKE, Directeur de Barrick Gold Corporation pour l’Afrique de l’Ouest, Mohamed KEITA, consultant indépendant, et Chiaka BERTHE, ingénieur minier. L’objectif de cette initiative était de savoir comment l’or extrait dans notre pays brillait pour tous les Maliens.

Depuis quelques années, le Mali est 3ème producteur d’or du continent africain. Il suscite un intérêt fondamental pour des Maliens. Et les débats sur la question sont souvent houleux. C’est pour savoir davantage les conditions dans lesquelles le citoyen pourrait en profiter. Dès l’entame du débat, Pr. Abdoulaye NIANG a expliqué les causes profondes de la crise que l’Afrique traverse actuellement. Ensuite, il a signalé que le code minier malien a été toujours attractif. Toutefois, l’économiste en déplore les conditions d’application. “L’Afrique est très riche, le Mali aussi, 3ème producteur d’or en Afrique. Mais il se trouve au 189ème rang au monde. Ainsi, il se classe parmi les pays les plus pauvres au monde. Quel paradoxe ! Les multinationales ont une emprise sur la vie économique et politique”, a-t-il rappelé.

Selon Pr. NIANG, l’application du modèle “Sanou” peut permettre aux populations de mieux profiter des potentialités minières du pays. Ceci compte parmi les recommandations du Dialogue National Inclusif (DNI) et de l’Entente Internationale de Bamako du 15 mai 2015 en annexe, le document portant Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger, au chapitre 6 (art. 15) et à l’article 15 de l’Avenant du 20 juin 2015. Cette disposition est nécessaire pour la sortie de la crise sociale globale et sécuritaire. L’exportation et la participation du Mali s’élève à 20%, a dit Mohamed KEITA. La Banque Mondiale a imposé à l’Etat malien ces 20% dans les entreprises de production. Les premières mines ont vu le jour dans les années 1990. Le Mali est à vocation agro-pastorale, a-t-il indiqué.

Il a aussi rappelé les dates de l’élaboration des différents codes miniers. Et dit que le Mali avait rassuré les investisseurs que le nouveau code ne leur sera pas imposé mais que quelques dispositions seront appliquées pour eux.

“Chaque fois qu’il y a un nouveau code, nous regardons d’abord chez les autres avant d’entreprendre quoi que ce soit”, a indiqué M. KEITA. Chiaka BERTHE a signalé qu’on est dans un monde globalisé. “Les pays voisins ont moins de 20%. Ce taux concerne le bénéfice de production. Sur l’exportation de l’or, il a précisé que les mines produisent et que leur responsabilité est finie à ce niveau. C’est l’Etat qui se charge du reste. Les rapports annuels sont produits par les sociétés minières et remis à l’Etat. Dans ces rapports, tout est clairement expliqué.”

Mahamadou SAMAKE a rappelé que lorsque les investisseurs viennent, ils travaillent sur la base du code minier en vigueur, donc, sur la législation malienne. “C’est une activité réglementée. L’exploitation d’or représente plus de 12% du Produit Intérieur Brut (PIB). Elle est la première exportation du Mali”, a-t-il affirmé. Pr. NIANG a souligné que c’était la bataille de l’origine des propriétaires qui avait commencé. “On a toutes les informations concernant les questions minières. Le pacte dit que si les étrangers ont 40%, le Mali doit avoir 40% aussi. A Gounkoto, nous avons 4g/tonnes. Pourtant, il y a un besoin de 41 milliards pour développer la mine en 2012 sur lesquels 6,5 milliards ont été donnés au Mali, 26 milliards pour les étrangers, soit un total de plus de 32 milliards et 00 pour les populations de Gounkoto”, a-t-il dénoncé.

S’agissant de la complicité de l’Etat dans la mauvaise gouvernance des mines au Mali, Mohamed KEITA a démenti toute connivence de l’Etat avec des sociétés minières. Il a indiqué que la convention type d’établissement de 1991 a corrigé beaucoup de lacunes. Au départ, les conventions étaient faites individuellement avec des sociétés. Et du coup, elles étaient devenues ingérables, d’où la convention type. Celle-ci fera une unicité de traitement pour tout le monde, a-t-il expliqué.

L’expert a précisé que la participation de l’Etat était au niveau du capital social

Il a une participation de 05% par an et il ne l’a jamais payé d’ailleurs. Les sociétés minières ont contribué au budget d’Etat en 2019 à hauteur de 403 milliards de FCFA. BERTHE a indiqué que si l’Etat voulait faire une mine, il pouvait en faire. Il a la capacité humaine et il ne lui manque que le financement. “Dans la mine de Loulou, l’Etat malien a 20%, la société française 29% et la troisième dispose 51% puisque la société française n’en dispose pas la technologie nécessaire d’exploitation. Donc, il a fallu l’arrivée d’un troisième sociétaire pour y arriver. Loulo est une mine de classe mondiale. On fait la promotion des nationaux à tous les niveaux, “, a expliqué le Directeur de Barrick Gold Corporation pour l’Afrique de l’Ouest. “Pour la création d’entreprise d’Etat dans le secteur minier, il faut plutôt une société de patrimoine d’Etat et non une société d’exploitation minière”, a-t-il préconisé. SAMAKE a informé aussi que le processus de ce qui se fait par la vente de l’or à l’étranger était bien prévu dans le code minier malien.

Comment l’or peut-il briller pour tous les Maliens ?

Pr. Abdoulaye NIANG a laissé entendre qu’on ne pouvait pas exproprier des populations de leurs terres sans compensation. Il a déploré le comportement des agents nationaux et internationaux dans la gestion de revenus miniers. Et différents témoignages indiquent que c’est l’Etat qui doit être interpellé. On doit revoir la gouvernance : elle est mise en cause aujourd’hui. Plus de 90% de la jeunesse de Kéniéba chôment. La ville n’a pas de routes. Elle n’a pas d’eau potable. Elle manque d’électricité alors que le cercle dispose de 05 mines d’or. Mahamadou SAMAKE a dit que de 2008 à 2020, la Commune de Kéniéba a reçu 13 milliards de FCFA. Et à cause de l’unicité du budget, beaucoup des Maliens vivent de l’or à Bamako sans le savoir.

KEITA a rappelé que la loi de la décentralisation dit que 15% des productions d’une ressource doivent revenir aux collectivités tout en ignorant la pratique. La réalisation des infrastructures relève de l’Etat et non des sociétés minières. Selon M. BERTHE, il faut lier l’activité minière à l’économie nationale. Si on met la capacité des ressources minières en électricité, cela peut nous aider énormément. Aujourd’hui, 4 millions de kilos de viande sont importés au Sénégal. Donc, il faut l’intégrer. On doit arriver à rentabiliser les échanges entre la mine et l’économie ; telles sont entre autres des solutions préconisées pour que l’or brille pour tous les Maliens. Pour atteindre cet objectif, Pr. NIANG insiste sur l’application du modèle “Sanou”.

Boubacar DIARRA

By |2020-09-03T15:02:54+02:00septembre 3rd, 2020|A LA UNE, MINES, ENERGIE ET EAU|0 Comments

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