///TRANSITION : QU’ATTEND BAH N’DAW POUR RENCONTRER SA NOUVELLE ÉQUIPE ?

TRANSITION : QU’ATTEND BAH N’DAW POUR RENCONTRER SA NOUVELLE ÉQUIPE ?

Nous l’avons dit ici, deux semaines qu’il a prêté serment en compagnie du vice-président, le Président de la Transition, le Colonel-major à la retraite Bah N’Daw, semble encore loin du compte, quant au respect des engagements forts qu’il a souscrit devant Dieu et les hommes, tant tout l’agenda de l’homme semble se limiter à accorder des audiences seulement… A ce jour encore, c’est le CNSP, disons le colonel Assimi Goita, qui prend du plaisir à faire et à défaire les choses au gré de ses humeurs !

Cela ne peut pas continuer, et c’est bien au Président Bah N’Daw de prendre les choses en main, si toutefois il veut respecter ses engagements pris devant le peuple malien. Cela est d’autant plus vrai que des doutent commencent à s’installer dans les esprits, quant à sa capacité de se mettre au-dessus de l’influence, voire de la pression des jeunes colonels de Kati. Et pour cause : le commun des mortels pensait que les toutes premières mesures que Bah N’Daw allait prendre tout juste après sa prestation de serment et son investiture en tant que président de la transition auraient été de dissoudre le CNSP ! Mais hélas, l’homme peine encore à imprimer ses marques, et donne l’impression d’être toujours sous l’emprise des jeunes militaires, au point de ne pas savoir qu’il urge que son autorité s’affirme pour que le Mali renoue avec ses partenaires, et aille enfin de l’avant.

Les choses trainent à contre-courant du ton martial et de l’expression plus forte exprimés dans son discours d’investiture dont voici un extrait ! 

« Il me plait, solennellement, de dire à haute et intelligible voix, que je serai toujours disponible pour servir le Mali. Servir le Mali est un privilège et cela doit être un honneur pour chacune de nous, pour chacun de nous. Malgré les poids des ans, malgré le confort de la retraite, je ne pouvais me soustraire à l’appel du devoir. Je ne pouvais hésiter un seul instant à sortir de mon champ pour venir, moi aussi comme beaucoup d’autres avant moi, à la rescousse de ce pays. Le Mali m’a tout donné. Je suis heureux d’être son esclave soumis, prêt à tout pour qu’il renoue avec la pleine légalité constitutionnelle, avec des autorités élues, des représentants légitimes. Je n’ai pas d’autre mission. Je n’ai pas d’autre prétention. Il s’agit pour moi et il doit s’agir pour chacune et chacun, d’apporter sa petite contribution, sa petite pierre à la consolidation de l’édifice national. Car la maison commune est ébranlée, affaiblie, humiliée. Elle tremble dans ses fondements depuis au moins une décennie. Oui, il ne faut pas avoir peur des mots : le Mali est ébranlé, piétiné, humilié. Ebranlé, Affaibli, humilié par ses propres enfants, par nous-mêmes, par personne d’autre que nous-mêmes. Et nous ne pouvons continuer, de manière incantatoire, à garder la tête dans le sable et à répéter sans chercher à empêcher le naufrage, à nous convaincre que le navire pourrait tanguer mais qu’il ne chavirerait jamais. Il peut chavirer et il chavirera si nous continuons à le faire tanguer.

 Alors, si nous voulons survivre en tant qu’Etat, en tant que nation, nous devrons, sans perdre plus de temps, nous remobiliser

Il faut qu’au cours de cette transition, nous nous donnions la main, que nous réfléchissions profondément ensemble pour reconstruire notre démocratie, laquelle avait été jadis, une vitrine admirée. Nous devons tirer toutes les leçons de notre vécu immédiat, de notre histoire récente… ». Comme nous l’avions dit dans ces mêmes colonnes, si c’était très beau comme discours… Il y a que Bah N’Daw n’a jusqu’ici rien posé comme acte, depuis le 26 septembre dernier, qui permet d’entrevoir qu’il souhaite réellement « être l’esclave soumis, prêt à tout pour que le Mali renoue avec la pleine légalité constitutionnelle », si bien que le Mali reste encore « ébranlée, affaiblie, humiliée », ébranlé, affaibli, humilié par ses propres enfants, et qu’il temps qu’on sorte des incantations, la tête hors du sable, pour empêcher le naufrage ! Or, il l’a dit lui-même, nous devons tirer toutes les leçons de notre vécu immédiat et de notre histoire récente pour que le Mali soit à nouveau cette « vitrine admirée » que nous chérissons.

Pour cela, et comme une nouvelle fois réaffirmer par la CEDEAO, alors il va falloir que le CNSP soit instantanément dissout !

Par ailleurs, nombreux sont les observateurs, qui se demande quand est-ce que le Président de la transition rencontrera son équipe gouvernementale, qui est déjà installée depuis le lundi passé ! Oui, car depuis l’installation du nouveau gouvernement, le premier conseil de Ministre qui devrait se faire n’est pour le moment pas d’actualité. Il urge que le chef du navire accélère la cadence, car, 18 mois pour refonder l’état est bien que trop court, pour en mettre des minutes cruciales! 

Maimouna Doumbia 

By |2020-10-08T14:50:23+02:00octobre 8th, 2020|ANALYSE, LES INFOS DU SOIR DE BAMAKO|0 Comments

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