/, ANALYSE/UN HOLD-UP ELECTORAL SE DESSINE EN 2022: LA JUNTE VEUT MAINTENIR SON EMPRISE SUR LE POUVOIR DANS LA PERSPECTIVE DES ÉLECTIONS

UN HOLD-UP ELECTORAL SE DESSINE EN 2022: LA JUNTE VEUT MAINTENIR SON EMPRISE SUR LE POUVOIR DANS LA PERSPECTIVE DES ÉLECTIONS

BIENTOT DES OFFICIERS ET SOUS-OFFICIERS AUX POSTES DE PREFETS ET SOUS-PREFETS

Le voile se lève chaque jour sur la junte militaire du Mali. L’opinion est désormais édifiée sur les velléités de confiscation de pouvoir par les membres du groupe de militaires qui ont parachevé la lutte du M5 par le coup de force du 18 août 2020. Les faits et les gestes des hommes du colonel Assimi GOITA prouvent à suffisance qu’ils ne sont pas prêts à renoncer à l’exercice du pouvoir politique alors que leur place se trouve dans les casernes. Mais les camarades du Vice-président préfèrent les salons climatisés et le luxe des bureaux dans l’administration.

Cette volonté affichée par la junte du CNSP a été traduite d’abord dans son opiniâtreté à exercer la fonction de Président de la transition ensuite dans le forcing qui a permis d’adopter une charte. Cette détermination des militaires s’est manifestée dans la formation du gouvernement avec plusieurs départements stratégiques dans l’escarcelle du CNSP puis dans la prise d’un décret fixant la clé de répartition de l’organe législative de la transition don la durée est fixée à 18 mois. Ce n’est pas tout puisque dans leur folie de conserver le pouvoir même après la phase de transition, les militaires sont dans une logique de nommer aux postes de Préfets et Sous-préfets des officiers et sous-officiers de l’armée malienne. Les autorités de la transition à savoir, le Président Bah N’DAW, le Vice-président et le Premier ministre Moctar OUANE ont franchi le rubicond. Le ridicule est manifeste dans la volonté de procéder à des modifications de la loi de désignation des Préfets et Sous-préfets. Les modifications visent à élargir les conditions de nomination de Préfet et de Sous-préfet aux Sous-officiers, aux Officiers subalternes et aux Officiers supérieurs, membres des Forces Armées et de Sécurité.

Quand on sait que les fonctions de Préfet et de Sous-préfet sont actuellement réservées à certaines catégories de personnels

La décision du Ministre est guidée par la volonté du gouvernement de transition de faire main basse sur le pouvoir politique par l’organisation d’un hold-up électoral à lieu et place d’élections libres et transparentes à la fin du processus de cette transition. La preuve de cette volonté manifeste du gouvernement est visible dans la correspondance du Ministre de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation, le colonel Abdoulaye MAIGA adressée aux administrateurs civils le mardi 10 novembre 2020 par rapport à la relecture du Décret n°2015-0067/ P-RM du 13 février 2015 fixant les conditions de nomination et les attributions des Chefs de Circonscription administrative. L’objet mentionné sur la correspondance adressée aux différents secrétaires généraux des syndicats d’administrateurs civils est le suivant : « Consultation sur le projet de Décret portant modification du Décret n°2015-0067: P-RM du 13 février 2015 fixant les conditions de nomination et les attributions des Chefs de Circonscription administrative ».

Dans le cadre de la relecture du Décret ci-dessus mentionné, le Ministre le colonel Abdoulaye MAIGA veut avoir leurs avis sur les modifications envisagées au niveau du décret Susvisé en ses articles 19 et 30

Cette modification envisagée est une manière de dire aux administrateurs civils que si vous ne voulez  pas rejoindre vos postes respectifs nous les militaires, nous allons prendre les choses en mains en nominant les officiers dans les différentes zones  où les administrateurs sont absents. Et c’est une manière de couper de l’herbe sous leurs pieds.La transition vers un retour des civils au pouvoir a franchi une étape importante le 05 octobre dernier avec la formation d’un gouvernement d 25 membres. Alors que le poste de vice-présidence est déjà occupé par le chef du Comité national pour le salut du peuple (CNSP), le colonel Assimi GOITA, les membres de la junte auteur du coup d’état du 18 août ont occupé des positions stratégiques.

Et depuis cette date, le peuple malien se pose des questions sur la bonne volonté des militaires de laisser le pouvoir aux civils. Les membres de la junte militaire, comme on peut le constater, veulent s’accaparer tous les postes stratégiques de la transition. Même au niveau de la formation du comité national de transition (CNT), les militaires veulent se tailler de la part du lion avec vingt-deux (22) représentants.

YOUSSOUF KONATE

 

 

By |2020-11-12T16:11:47+01:00novembre 12th, 2020|A LA UNE, ANALYSE|0 Comments

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