/, INTERNATIONAL/UN RAPPORT ACCABLANT CONTRE LE MALI A L’ONU: • LA DGSE ÉPINGLÉE PAR UN GROUPE D’EXPERTS

UN RAPPORT ACCABLANT CONTRE LE MALI A L’ONU: • LA DGSE ÉPINGLÉE PAR UN GROUPE D’EXPERTS

  • LES CONTOURS D’UN DOCUMENT CONTROVERSE SUR LA TABLE DU CONSEIL DE SÉCURITÉ !

Les Nations Unies ont commandité un rapport sur le Mali à travers un Groupe d’Experts Indépendants qui a déposé ses conclusions sur la table du Conseil de Sécurité le 14 août 2020 selon les confidences faites par RFI. Le document, qui, jusqu’ici, n’a  pas  été rendu officiel, charge les autorités maliennes et quelques hauts responsables de la sécurité. Ce rapport fait couler beaucoup d’encre et de salive parce qu’il accable l’Etat notamment son outil le plus sensible de défense : la DGSE.

Le document, truffé de contre-vérités, allègue des soutiens que l’armée malienne aurait apportés aux milices dogons. Il accise aussi cette armée d’avoir commis des exactions contre ces milices. Le rapport va plus loin en indiquant des liens possibles entre les groupes terroristes et les groupes armés maliens signataires de l’Accord. Ajoutons-y des agissements des services de renseignements pour porter un coup dur à la Coordination des Mouvement de l’Azawad (CMA). Les experts commis ont étalé leur volonté de nuire : ils calomnient de valeureux officiers de l’armées en les accusant d’entretenir des relais auprès des narcotrafiquants dans la partie septentrionale dans le seul objectif de profiter de ce commerce on ne peut plus lucratif. Ces liens douteux, selon ces experts de l’ONU, sont entretenus par le chef des renseignements  qui procèderait à des versements d’espèces sonnantes et trébuchantes.

LA GRAVITE DES ACCUSATIONS MONTRENT LE DESSEIN NOIR DE L’EQUIPE D’EXPERTS

Dans le résumé, il ressort  du curieux document que, suite à l’annulation de la réunion du Comité de suivi de l’accord à Kidal en septembre 2019 par le gouvernement du Mali, la tenue d’élections législatives en mars et avril 2020 ouvrait la perspective de donner un nouvel élan au programme de réforme institutionnelle de l’accord. Le rapport révèle que  l’incapacité de l’Etat à transformer les régions nouvellement créées de Taoudenni et Ménaka, ainsi que les Cercles d’Almoustrat et d’Achibogho dans le nord, en circonscriptions électorales, que cette incapacité jette le doute sur son engagement à améliorer la représentation des populations du nord au sein des circonscriptions nationales institutions.

Malgré les progrès accomplis sur le plan institutionnel et en matière sécuritaire notamment pour l’intégration des ex-combattants, le processus a été semé d’embûches en raison de prises de décisions douteuses, notamment de l’ancien chef d’Etat-major de l’armée malienne, le Général de brigade Keba SANGARE. Selon le groupe d’experts, cette situation aurait provoqué quatre mois de retard et érodé ainsi la confiance entre les parties. Le rapport  très controversé  enfonce le clou contre la hiérarchie militaire indiquant que les soldats nouvellement intégrés ont d’abord été laissés sans affectation. Ensuite, certains ont été affectés à tort dans les régions du sud, et sans pourtant leur accorder des moyens de transport ni de subsistance.  Ils étaient tenus responsables de ne pas rejoindre leurs unités.

Ce n’est pas tout : le document ajoute que, hormis la discorde entre les parties signataires, la situation sécuritaire nationale et régionale n’a pas été propice à la mise en œuvre de l’Accord sur la paix et la réconciliation au Mali après cinq années de mise en œuvre. Le Groupe d’experts sur le Mali a noté une tendance croissante à la violence contre les civils, violence commise par les forces gouvernementales lors d’opérations de contre-insurrection non seulement au Mali, mais aussi au Burkina Faso et au Niger. Cet état de fait affecte particulièrement les communautés de réfugiés du nord du Mali. Les atrocités commises par les milices ethniques dans le centre du Mali se poursuivent sans relâche, notamment la milice Dogon malienne, Dan Nan Ambassagou, qui s’associe à des groupes similaires au Burkina Faso pour commettre des atrocités contre des civils des deux côtés de la frontière. Un deuxième massacre de 35 civils de la communauté peul à Ogossogou par la milice dogon le 14 février 2020 a eu lieu en raison de la négligence et de l’inaction de l’armée. Selon ce groupe d’experts indépendants, la situation est en constante détérioration dans le centre du Mali. Elle détourne l’attention et les ressources de la mise en œuvre de l’Accord dans le nord.

De plus, la négligence et l’inconduite des forces armées et de sécurité maliennes et leur incapacité à protéger les civils réduisent l’attrait pour les combattants des mouvements du nord de s’intégrer dans l’armée reconstituée et peuvent conduire les populations à rejeter les déploiements d’unités reconstituées dans le nord. Une grande partie de la discorde entre les parties est enracinée, selon le rapport du groupe d’experts, dans la stratégie du gouvernement du Mali de coopter et de manipuler les groupes armés et les milices actives dans le nord du Mali. Cette stratégie a débuté bien avant et n’a pas changé après la signature de l’Accord par le Gouvernement, à Alger en 2015. La stratégie a sapé sa mise en œuvre de l’Accord depuis la mise en place du gouvernement demandé par la Résolution 20-09212 1/40. Le régime de sanctions adopté par le Conseil de sécurité en septembre 2017, visant à cibler les responsables de la mise en œuvre du processus de paix, n’a pas non plus changé la stratégie, révèle l’équipe d’experts. L’écart entre les déclarations officielles et les engagements du Gouvernement de mettre pleinement en œuvre l’Accord d’une part et le soutien continu des acteurs étatiques maliens aux personnes désignées par le Comité du Conseil de sécurité d’autre part a généré la méfiance des parties signataires, notamment à l’égard de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA). Tous ces faits sont de nature à gâcher le processus de paix.

Les charges et coûts supplémentaires liés au désarmement, à la démobilisation et à la réintégration et aux processus d’intégration ultérieurs ont semé la confusion dans la communauté internationale – la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) en particulier. Les ressources et les efforts de bons offices ont été partiellement détournés de leurs objectifs initiaux et principaux objectifs. Le Groupe considère que cette méfiance, cette charge et cette confusion ont menacé et retardé la mise en œuvre de l’Accord sur la paix et la réconciliation au Mali. Et les principaux responsables gouvernementaux chargés de la mise en œuvre de ces mesures et politiques devraient être tenus responsables. Le document, tissé de contre-vérités, a été concocté de façon hâtive à dessein de noircir l’image du pays et des officiers de valeurs pour qui rien n’est ni ne peut être au dessus de l’honneur du Mali et de la dignité des Maliens

LAYA DIARRA

By |2020-08-18T09:51:25+02:00août 18th, 2020|ACTUALITE, INTERNATIONAL|0 Comments

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