//VIOLENCE DANS LE MILIEUX SCOLAIRE ET UNIVERSITAIRE: LES RECTEURS DES UNIVERSITES PUBLIQUES DU MALI EXIGENT LA SUSPENSION DE TOUTES LES ACTIVITES DE L’AEEM

VIOLENCE DANS LE MILIEUX SCOLAIRE ET UNIVERSITAIRE: LES RECTEURS DES UNIVERSITES PUBLIQUES DU MALI EXIGENT LA SUSPENSION DE TOUTES LES ACTIVITES DE L’AEEM

Les recteurs des cinq (05) universités publiques du Mali ont organisé une conférence de presse au rectorat de l’Université des Sciences Juridiques et Politiques de Bamako sur leur situation académique globale. Ils ont tenu à faire rendre compte de leur ressentis lié à l’insécurité dans l’espace scolaire et universitaire entre étudiants et très souvent contre les enseignants.

Selon le recteur de l’université des sciences juridiques et politiques de Bamako, Pr Moussa DJIRE, cette situation n’est pas du tout propice à l’apprentissage, à la transmission de la connaissance.  « Nous avons tenu à exprimer publiquement notre ressenti et adresser une déclaration aux plus hautes autorités de notre pays à travers l’enseignement supérieur et la recherche scientifique. Nous venons par la présente, attirer votre attention sur les violences qui sont devenues endémiques dans nos différentes structures, entre les étudiants pour des postes de responsabilité au sein de leur organisation (l’Association des Elèves et Etudiants du Mali), AEEM » a –t-il expliqué.

Le recteur a signalé qu’à ce jour, dans les  facultés, des pistolets artisanaux, des machettes, des marteaux, des gaz sont des nouveaux outils d’étudiants qui ont remplacé les stylos et les livres

Le crépitement des balles, le recours des loubards qui n’ont aucune attache avec les universités place des comités d l’AEEM et dans les choix des responsables de classes. Il se demande si nous sommes dans les universités sur les champs de bataille. « Sommes-nous avec des étudiants ou avec des terroristes » ? Pour Pr Moussa DJIRE, le constat est hallucinant. Il a laissé entendre que pour ne pas remonter très loin il y a en 2012 avec en prime une dizaine de blessés graves. Mardi 23 janvier 2017, un étudiant du département d’enseignement d’étude germanique a été froidement assassiné par ses camarades. Sans être inquiété, les assassins ont commis leur crime et sont partis tranquillement. La même année un étudiant a été tué par balle. L’année suivante en 2018 un autre étudiant de la même faculté a été éventé par coupe-coupe. A l’université des lettres et des sciences humaines de Bamako, un enseignant est molesté par un groupe d’étudiants armés de gourdin sans aucune conséquence. A l’université de l’histoire et de la géographie, un étudiant a été froidement abattu lors des élections des responsables de classes. Dans la même faculté et la même année, les étudiants membres du comité AEEM en grands maitres ont dérobé des taureaux achetés par les enseignants pour célébrer la fête de ramadan. Ils les ont égorgés et en ont partagé la viande. Cette liste est malheureusement loin d’être exhaustive.

Plus récemment les membres du comité AEEM de l’IUG et de la FST se sont illustrés par des violences d’une extrême gravité avec encore l’assassinat d’un étudiant et plusieurs blessés graves

Au-delà des tueries et coup et blessure, les agressions contre les enseignants sont monnaie courante au comité AEEM. Ces actions s’accompagnent généralement sous divers prétexte fallacieux. A longueur de journée, les administrateurs au niveau des universités sont victimes d’insultes et de menaces de la part des étudiants. Beaucoup d’enseignants administratifs et techniques ont vu leurs véhicules endommagés du fait des violences des étudiants membres des comités AEEM. Les enseignants, étudiants viennent toujours à l’université très angoissés. La violence est devenue un principe régulateur d’une sorte de mode de gouvernance que l’AEEM veut imposer autres acteurs du système éducatif que sont les enseignants, les autres enseignants. Aujourd’hui les établissements supérieurs d’enseignement et de recherche sont devenus des espaces d’affrontement armé, de terrain de violence aveugle et cette situation exercice d’un métier. Il estime que la situation chaotique dans laquelle nous sommes, nous interpelle tous.  Et C’est fort d’une analyse que les responsables des institutions d’enseignement supérieur et de recherche publique notamment des cinq universités et des facultés qui les composent sollicitent et encouragent  le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique en collaboration avec ses homologues de l’éducation nationale, de la sécurité, une solution immédiate face aux violences dans l’espace universitaire.

Il dira : “Dans ce cadre nous proposons à court terme la mise en œuvre du forum sur l’insécurité dans les établissements universitaires et scolaires tenu en janvier 2018. Le suivi et le contrôle, et l’application de ces différentes mesures par les autorités universitaires et les forces de sécurité. La mise en place d’une commission de réflexion sur le syndicalisme estudiantin’’

Et de conclure : “Au-delà nous suggérons la suspension de toutes les activités de l’AEEM dans tous les établissements scolaires et universitaires au moins pendant la période de transition. Cette suspension devra être mise à profit pour engager une réflexion sur le syndicalisme estudiantin dans la mise en place des nouvelles règles d’organisation et de fonctionnement de leur association avec la participation de l’ensemble des partenaires’’.

YOUSSOUF KONATE

By |2020-10-26T16:41:04+01:00octobre 26th, 2020|ÉDUCATION|0 Comments

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